X vs Y

Quel climat délétère !
Une centaine de femmes médiatiques ont publié dans les colonnes du Monde une tribune "sur la liberté sexuelle".
En pleine période de mise en avant des intolérables violences sexuelles faites aux femmes dans les pays occidentaux, qui trouve ses origines dans le scandale Weinstein, Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie et consort réagissent avec virulence au Hashtag "Balance ton porc", dénonçant une tendance à la haine de l'homme qui se développerait ainsi...
Maladroit. Pas faux, dans le fond, mais malhabilement exprimé. D'abord, parce que la société patriarcale n'a pas à plaindre l'homme qui perd un peu de pouvoir au profit d'un rééquilibrage avec la femme. Ensuite, parce que ce qu'il faudrait dénoncer, c'est plus précisément les abus de ce hashtag, et les quelques mensonges qui s'y font jour dans un océan de vérités.
Pas plus. Et pourtant, les "cent" vont beaucoup plus loin, et là, on entre dans la connerie véritable. Car si la formulation "la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit" n'est pas à remettre en question (car non, elle n'est pas répréhensible, jusqu'à preuve du contraire), il n'en va pas de même déjà, avec la "liberté d'importuner", qui se voit déjà davantage comme un plan délibérément mis en oeuvre pour avoir de l'emprise sur la femme.
Et le summum de l'idiotie est atteint par cette formulation : "Cette justice expéditive a déjà ses victimes (...) lorsqu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses 'intimes' lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque".
Donc, dans ce cas, la femme est déjà au courant, puisque l'homme semble savoir que l'attirance n'est pas réciproque. Et il tente quand même sa chance via des effleurements, un baiser, des mots ouvertements sexuels... Cela s'appelle du harcèlement. Et les cent semblent dire que c'est normal. Parce que la femme dit non d'abord, hein, et après elle dit oui, c'est bien connu.
Le pompon ? Caroline De Haas a fait publier une contre-tribune sur France Info, en urgence, co-signée par trente personnalités, pour s'opposer à cette idéologie nauséabonde. Et elle a été invitée sur BFMTV à débattre avec Brigitte Lahaie. A court d'arguments, cette dernière explique qu'on peut prendre du plaisir lors d'un viol. J'ai la colonne vertébrale qui tremble entièrement.
Oui, je publie sur ce blog du "rough sex", ça arrive, mais il faut préciser qu'il s'agit d'actrices professionnelles qui donnent à voir un fantasme. Par définition, ce dernier reste à la porte de ma réalité quotidienne, par volonté propre. C'est ça le porno, vivre en imaginaire seulement tout ce qu'il y a de plus déviant en nous, afin que notre réalité s'en préserve. C'est fascinant en cinéma, c'est à exclure du quotidien. Aucun paradoxe là-dedans.
Je suis un homme, j'ai été élevé en tant que tel, dans une société qui réfléchit à notre place ce que doivent être nos comportements. J'ai appris à aimer les belles femmes, les beaux corps nus, à avoir du désir, et une tendance à la virilité dans le rapport aux femmes. Je m'extrais progressivement du rapport de force avec les femmes, je continue de progresser, parce qu'il y a nécessité absolue de le faire. Et tout le monde, femmes comme hommes, nous devons nous extraire de nos stéréotypes.
Je comprends et soutiens "Balance ton porc", et je me désolidarise de tous ces hommes qui font n'importe quoi avec les femmes. Et je pense que certaines femmes doivent elles-mêmes progresser quant à l'image qu'elles se font de leur place dans la société. Je ne me sens pas haï parce que des femmes hashtaguent "Balance ton porc". Et quand une femme me dit "non", c'est "non", et je n'insiste pas, je n'insiste plus. Et si elle pensait "peut-être" en me disant "non", c'est son problème, plus le mien. Elle peut éventuellement encore me rattraper pour me dire finalement "oui" ; mais c'est à elle de le faire, parce que moi, j'aurai tourné les talons dès le premier "non".
Ca veut dire que les femmes doivent se tenir prêtes à ne plus être courtisées en permanence ; mais je crois que dans leur majorité, elles n'ont pas de problème avec ça. Alors on réfléchit avant de publier des tribunes aussi débiles dans le Monde, merci.










