Jeunesse éternelle
La publicité, et les médias visuels dans leur ensemble, imposent au corps féminin un ensemble de normes sociales très strictes, qui structurent nos goûts et affirment nos positions vis-à-vis de la chair :
- peau parfaite et lisse (pas de ride, pas de boutons, pas de cicatrices, pas de poils),
- dentition d'un blanc éclatant et quenottes parfaitement alignées,
- jambes longues et fuselées,
- poitrine harmonieuse, ni trop petite ni trop grosse,
- cheveux longs et soyeux,
- nez fin, yeux rieurs, joues fermes,
- fesses rebondies et ventre plat.
Cette manière qu'ont les médias de s'approprier le corps de la femme, et de nous le tendre comme un exemple à suivre et à aimer, renvoie à l'image d'une éternelle jeunesse, quand le corps féminin, à peine pubère, montre le moins de défauts. Dans l'inconscient se joue également l'adhésion au principe de l'attraction pour un corps n'ayant pas encore procréé et étant donc en pleine possession de ses moyens en la matière.
Mais ce favoritisme inconscient est de moins en moins vrai : avec l'amélioration des techniques médicales, et l'allongement de la vie qui découle de meilleures conditions de vie, un corps féminin est aujourd'hui en capacité de procréer -et d'y prendre plaisir- bien plus longtemps qu'avant, rendant l'argument de la reproduction comme caduque dans le cadre de l'avantage donné aux corps des adolescentes.
Alors pourquoi continuer à aduler les physionomies jeunes ? Parce que le mythe de la fontaine de jouvence, lui, a encore de beaux restes, et de beaux jours à venir, sans doute. La personne plus âgée, à la croisée des chemins de la vie, se tournera vers celle (ou celui) qui le transportera instantanément quinze, vingt ou trente ans plus tôt, dans sa propre jeunesse.
Mais comment admettre cette position sans se demander pourquoi, pour autant, légitimer comme fondatrice cette vision des choses, réaffirmée sans cesse à la télé, sur les affiches et les écrans accueillant internet ? Quel besoin de mettre en péril tant de psychologies adolescentes, forcées intimement d'adhérer au "toujours plus parfaites" et de s'y conformer quitte à mettre sa santé en danger par maltraitance corporelle auto-infligée ? Juste pour rassurer narcissiquement les plus avancé(e)s sur le chemin de la vie ?
Voilà une bien pernicieuse sociologie du corps, féminin en particulier. Comme l'illustre cette séance de strip intégral de Molly. La jeune femme a vingt ans, mais apparaît peut-être en avoir un peu moins, un procédé visiblement totalement volontaire et affirmé (queue de cheval et socquettes à l'appui).
Je me suis rué, un peu sans réfléchir, sur cette sémillante séance rouge vif, qui m'excite plus que de raison. Mais néanmoins, je vous laisse juges de la contribution de ce set à l'océan d'images d'adolescentes érotisées qui nous submerge quotidiennement...
De la culpabilité, chez moi ? Pas forcément. De la réflexion, certainement. Question culpabilité : Molly est majeure, et quoi qu'il en soit, la séance est faite, alors...





























